Distinguer les termes

Autorisé, étudié et démontré ne veulent pas dire la même chose

Pour une thérapie par cellules souches, le mot cellule souche ne suffit jamais. Il faut connaître le produit cellulaire précis, la maladie concernée, la dose, la voie d’administration et l’encadrement médical. Un traitement autorisé pour une maladie n’est pas pour autant démontré pour une autre.

Soin reconnu

Une indication médicale précise

Le traitement est proposé dans des soins spécialisés et suffisamment évalué pour cette utilisation.

Essai clinique

Une recherche évaluée au préalable

Le traitement est testé selon un protocole. Participer ne prouve pas qu’il fonctionne.

Offre commerciale

Pas d’autorisation vérifiable

Le vendeur ne précise pas quelle autorité a évalué le produit ou l’utilisation proposée.

Non autorisé et non démontré sont deux notions différentes. Le premier terme concerne le statut réglementaire. Le second indique que les preuves d’efficacité et de sécurité restent insuffisantes pour l’utilisation annoncée. Une offre commerciale risquée peut cumuler les deux problèmes.

Mise en garde actuelle

L’AFMPS alerte sur des thérapies proposées en ligne

Le 26 août 2026, l’Agence fédérale des médicaments et des produits de santé a mis en garde contre des thérapies par cellules souches non autorisées proposées en ligne par des établissements situés hors de l’Union européenne, principalement en Turquie. Selon l’agence, leur qualité, leur sécurité et leur efficacité n’ont pas été évaluées selon les normes européennes et des effets indésirables graves peuvent survenir.

Une promesse de guérison pour des maladies très différentes est un signal d’alerte majeur. L’AFMPS cite notamment des offres pour l’autisme, la paralysie cérébrale, la sclérose en plaques, Alzheimer, Parkinson, le diabète, l’infertilité et la SLA. Un seul produit cellulaire censé guérir toutes ces maladies exige des preuves exceptionnellement solides.

Cette alerte ne signifie pas que toute recherche sur les cellules souches est suspecte. Les essais cliniques fiables sont précisément soumis à une organisation stricte. Des informations vérifiables, une évaluation indépendante, une présentation honnête des incertitudes et un suivi médical clair font la différence.

Publicité et entretiens

Six raisons de s’arrêter et de vérifier

  1. 1
    Le même traitement est proposé pour de nombreuses maladies sans rapport.

    Demandez comment les mêmes cellules pourraient produire l’effet souhaité dans chacune de ces maladies.

  2. 2
    Le vendeur promet guérison, réparation ou rajeunissement sans évoquer les limites.

    Une information fiable présente aussi les incertitudes, les effets indésirables, les échecs et les alternatives.

  3. 3
    Les témoignages remplacent les études comparatives.

    Un récit individuel ne permet pas de savoir ce qui a causé une évolution ni ce qui arrive aux autres patients.

  4. 4
    Il faut décider vite ou payer une somme importante à l’avance.

    La pression commerciale ne correspond pas à un consentement médical soigneusement éclairé.

  5. 5
    La nature des cellules et leur manipulation restent vagues.

    Les mots autologue, naturel ou régénératif ne décrivent pas un produit et ne prouvent pas sa sécurité.

  6. 6
    Aucune autorisation ni référence d’étude vérifiable n’est fournie.

    Une publication, une affiche de congrès ou une inscription dans un registre ne vaut pas autorisation comme soin courant.

Avant de décider

Demandez des réponses précises par écrit

Demandez le nom exact et la composition du produit cellulaire, son origine, ses manipulations, sa dose et le lieu d’administration. Vérifiez ensuite quelle autorité du médicament l’a autorisé pour votre maladie. S’il s’agit d’une recherche, demandez le numéro complet de l’étude, le promoteur, le comité d’éthique, l’établissement responsable et le dispositif prévu pour les effets indésirables et le suivi.

Présentez les réponses à un spécialiste en Belgique qui n’est pas lié au vendeur. Demandez aussi qui prendra en charge une complication après votre retour, qui paiera le suivi et si le report d’un soin reconnu peut réduire vos options.

Aide en Belgique

Que faire en cas de doute ?

Apportez le devis, les affirmations médicales et les informations sur le produit à votre médecin généraliste ou spécialiste. Il pourra vérifier si l’offre correspond à votre diagnostic et, si nécessaire, vous orienter vers un centre belge expert. L’AFMPS invite les patients et professionnels de santé à signaler les cas suspects à medicrime@afmps.be.

Pour approfondir en néerlandais :Stamcel.org explique les différentes formes de thérapie par cellules souches, ce qui est déjà appliqué et ce qui reste insuffisamment démontré.Lire sur Stamcel.org

Pour situer d’abord les soins et les recherches disponibles, consultez notre aperçu des cellules souches en Belgique.

Questions fréquentes

Quatre réponses courtes

Un traitement avec mes propres cellules souches est-il automatiquement sûr ?

Non. Le prélèvement, la manipulation, la conservation et l’administration ajoutent des risques. Il faut évaluer le produit précis et son utilisation précise.

L’enregistrement d’une étude prouve-t-il que le traitement fonctionne ?

Non. L’enregistrement rend la recherche vérifiable. L’étude existe justement parce que certaines questions de sécurité ou d’efficacité restent ouvertes.

Un traitement hors de l’Union européenne est-il toujours peu fiable ?

Pas automatiquement. Les règles et contrôles peuvent toutefois différer. Demandez quelle autorité compétente a évalué le produit et faites vérifier l’information par un spécialiste en Belgique.

Où signaler une offre suspecte ?

L’AFMPS indique l’adresse medicrime@afmps.be pour les patients et professionnels de santé en Belgique.

Sources et vérification

Principales sources belges et européennes

Lire aussiComment se déroule une greffe de cellules souches en Belgique ?