Une distinction essentielle

Trois niveaux souvent confondus

Soin reconnu

Démontré pour une indication précise

Proposé dans des hôpitaux spécialisés et reconnus, selon des recommandations médicales.

Essai clinique

Recherche avec des patients

Un essai clinique est évalué au préalable, avec des critères, un consentement et un suivi. L’efficacité reste à établir.

Recherche en laboratoire

Pas encore un traitement

Des travaux sur des cellules, des organoïdes ou des modèles, qui pourront éventuellement mener à des essais cliniques.

Il existe aussi une voie hospitalière exceptionnelle. Une exemption hospitalière accordée au niveau national peut permettre l’utilisation d’un produit de thérapie innovante dans des conditions strictes. Cela n’en fait pas automatiquement un traitement standard démontré.

Disponible aujourd’hui

Les soins reconnus en Belgique

L’application démontrée la plus importante est la greffe de cellules souches hématopoïétiques, c’est-à-dire les cellules qui produisent le sang. Elle peut être envisagée notamment pour certaines leucémies, certains lymphomes et maladies de la moelle osseuse, ainsi que pour quelques maladies héréditaires graves du sang ou du système immunitaire. L’indication dépend toujours du diagnostic, du stade de la maladie, de l’âge, de l’état général et des alternatives.

Greffe autologue

Le patient reçoit ses propres cellules souches hématopoïétiques, prélevées auparavant, après un traitement intensif.

Greffe allogénique

Les cellules proviennent d’un donneur familial ou non apparenté compatible. L’immunité du donneur peut aider à combattre les cellules malades, mais une réaction du greffon contre l’hôte est possible.

Pratique belge :UZ Leuven a rapporté 124 greffes de cellules souches en 2024 : 44 autologues et 80 avec des cellules d’un donneur. Il s’agit donc de soins hospitaliers réels et hautement spécialisés, et non d’un traitement général de « régénération ».Source

Une deuxième application très précise : Holoclar

Holoclar est un traitement composé de cellules cornéennes du patient contenant des cellules souches. Il est destiné aux adultes présentant une déficience modérée à sévère en cellules souches limbiques après une brûlure physique ou chimique de l’œil. Les cellules sont prélevées sur une petite zone saine du limbe, cultivées en laboratoire, puis implantées par un chirurgien ophtalmologue spécialement formé.

Pas un traitement oculaire général :Holoclar figure dans le répertoire belge des médicaments et son usage est réservé à l’hôpital pour des patients répondant à des critères précis. Un spécialiste doit vérifier l’indication.Source EMA

Prudence face aux promesses

Qu’est-ce qui n’est généralement pas un traitement standard ?

Des thérapies cellulaires sont proposées en ligne pour des maladies très diverses, parfois en affirmant qu’un même type de cellule peut traiter des problèmes sans rapport entre eux. Les autorités belges et européennes du médicament mettent en garde contre les produits non réglementés et insuffisamment étudiés.

Un traitement avec « vos propres cellules souches » n’est pas automatiquement démontré ou sans danger. Même des cellules autologues peuvent relever de la réglementation sur les médicaments lorsqu’elles sont fortement manipulées ou utilisées pour une autre fonction. Des produits non réglementés ont été associés à des infections graves, des réactions immunitaires, des tumeurs, des pertes de vision et des hémorragies.

Pour les maladies qui ne relèvent pas d’une indication reconnue de greffe hématopoïétique, il s’agit souvent de recherche expérimentale. Un spécialiste d’un centre belge expert peut vérifier s’il existe un soin autorisé ou un essai clinique approprié.

Science belge

Quelques exemples de recherches menées en Belgique

La Belgique compte des équipes fortes en biologie cellulaire, médecine régénérative, cancérologie et modélisation des maladies. Les exemples ci-dessous sont un instantané, pas une liste exhaustive ni la preuve qu’un traitement est déjà disponible.

Illustration scientifique d’organoïdes dans une boîte de culture sous une pipette
Recherche sur les cellules souches avec un organoïde en culture. Image : Stamcel.org
Maladies musculaires · recherche translationnelle

Cellules souches musculaires dans l’Euregio Meuse-Rhin

Le projet FIT réunit notamment la KU Leuven, l’ULiège et l’UHasselt avec des partenaires néerlandais et allemands. L’objectif est d’améliorer la production et le potentiel réparateur de cellules musculaires provenant du patient, afin de préparer de futurs essais cliniques.

Découvrir le projet FIT
Médecine régénérative · du laboratoire à la clinique

Cellules souches, cellules iPS et ingénierie tissulaire à l’UCLouvain

L’IREC rassemble des projets sur la thérapie cellulaire, les organoïdes, les biomatériaux, la régulation des gènes et la production selon des normes de qualité. L’ambition est de traduire prudemment les découvertes prometteuses en applications cliniques.

Découvrir l’IREC de l’UCLouvain
Cancer · recherche fondamentale

Cellules souches, croissance tumorale et résistance aux traitements à l’ULB

Le Laboratoire des cellules souches et du cancer étudie le rôle de ces cellules dans le développement et l’entretien des tissus, ainsi que les cellules à l’origine des cancers, des métastases et de la résistance.

Découvrir le laboratoire de l’ULB
Neurologie · modèles de maladies

Neurones et organoïdes cérébraux issus de cellules iPS au VIB

Des chercheurs belges utilisent des neurones et de petits modèles cérébraux dérivés de cellules pluripotentes induites pour mieux comprendre des maladies génétiques du cerveau et identifier des cibles potentielles pour des médicaments.

Découvrir la recherche du VIB

Participer à la recherche

Comment trouver un essai clinique fiable ?

Demandez d’abord à votre spécialiste si une étude pourrait être adaptée à votre situation. Le système européen CTIS permet de chercher par maladie, traitement et pays. L’AFMPS/FAGG publie aussi un tableau de bord actualisé sur la recherche clinique en Belgique.

Participer ne garantit pas un bénéfice. Un essai clinique vise précisément à évaluer la sécurité et l’efficacité. La présence dans un registre ne prouve pas que le traitement fonctionne ou qu’il est approuvé comme soin courant. Vous devez recevoir des informations sur son objectif, son déroulement, ses risques, les alternatives, l’utilisation des données et votre droit d’arrêter.

Évaluer une offre

Cinq questions avant d’envisager un traitement

  1. 1
    Quel est le diagnostic et l’indication exacts ?

    « Régénération » ou « anti-âge » n’est pas une indication médicale.

  2. 2
    Quelles cellules sont utilisées et que leur fait-on ?

    Demandez leur origine, les manipulations, les contrôles de qualité et la voie d’administration.

  3. 3
    S’agit-il d’un soin reconnu ou d’un essai enregistré ?

    Demandez l’autorisation, le numéro de l’étude et l’établissement responsable.

  4. 4
    Quelles preuves concernent précisément ma maladie ?

    Les témoignages et résultats de laboratoire ne démontrent pas un bénéfice clinique.

  5. 5
    Puis-je demander un deuxième avis indépendant ?

    Parlez-en à un spécialiste qui n’est pas lié au vendeur du traitement.

Sources et actualité

Principales sources belges et européennes

Lire aussiQu’est-ce qu’une cellule souche ?